En quoi consiste ce métier ?
Le technicien de police scientifique intervient sur les scènes de crime pour relever, photographier et conserver les indices matériels : traces papillaires (empreintes digitales), traces biologiques, objets et documents. En laboratoire, il exploite ces indices (comparaison d’empreintes, exploitation de fichiers signalétiques) afin d’aider les enquêteurs à identifier des suspects ou à confirmer des faits. Il n’a pas le pouvoir d’enquêter lui-même : son rôle est d’apporter un appui technique et scientifique à l’enquête judiciaire.
Ce métier au Cameroun
Au Cameroun, la fonction est rattachée au Laboratoire de la Police Scientifique, Fichier et Synthèses de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN), placé sous l’autorité d’un chef de service. Un bâtiment dédié aux services de police technique et scientifique a été construit à Yaoundé. La montée en compétence de ces techniciens s’est notamment appuyée sur un programme de coopération avec la GIZ (agence allemande de coopération), qui a formé des techniciennes et techniciens de police scientifique dans le cadre d’un projet d’appui à la police camerounaise (2019-2022). Le déploiement reste toutefois concentré sur les grandes villes et les capacités d’exploitation (notamment en matière d’ADN) demeurent limitées par rapport aux standards internationaux.
Employeurs au Cameroun
- Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) — Laboratoire de la Police Scientifique, Fichier et Synthèses
- Services régionaux et déconcentrés de la police, pour l’appui aux enquêtes locales
Formation et parcours
L’accès se fait d’abord par un recrutement au sein de la police (gardien de la paix, inspecteur ou officier) sur concours DGSN, avec une formation initiale à l’École Nationale Supérieure de Police (ENSP) de Yaoundé. La spécialisation en police technique et scientifique intervient ensuite, en cours de carrière, via des formations internes et des programmes de coopération technique internationale (GIZ notamment). Il n’existe pas, à ce jour, de diplôme universitaire camerounais dédié à la « criminalistique » accessible sans passer par le concours de police.
Salaire au Cameroun
La rémunération suit la grille indiciaire de la fonction publique appliquée à la police, selon le grade d’origine (gardien de la paix, inspecteur, officier), à laquelle s’ajoutent d’éventuelles primes de technicité. Ces montants ne sont pas publiés en détail et varient selon le grade et l’ancienneté.
Compétences requises
- rigueur et méthode dans le relevé et la conservation des indices
- maîtrise des techniques de prélèvement (empreintes, traces biologiques, photographie judiciaire)
- capacité à travailler sur des scènes parfois éprouvantes
- sens du détail et respect strict de la chaîne de traçabilité des preuves
- discrétion et rigueur dans la rédaction des rapports techniques
Poursuivre ses études
La progression se fait par l’avancement en grade au sein de la police, combiné à des formations spécialisées complémentaires (identification judiciaire, exploitation de traces, informatique de fichiers signalétiques), généralement dispensées en interne ou lors de programmes de coopération technique avec des partenaires internationaux.
Sources consultées
GIZ (rapport « Appui à la police camerounaise », formation de techniciennes et techniciens de police scientifique, 2019-2022) ; Délégation Générale à la Sûreté Nationale (dgsn.cm) ; Camer.be (« Lutte contre la criminalité : quel bilan pour la police scientifique et les vidéosurveillances ? ») ; École Nationale Supérieure de Police de Yaoundé.