En quoi consiste ce métier ?
L’artisan textile traditionnel tisse ou teint des étoffes selon des techniques transmises de génération en génération. Au Cameroun, les deux traditions textiles les plus connues sont le ndop, un tissu de coton tissé puis teint à l’indigo naturel selon un procédé qui peut durer plusieurs semaines (trempage alcalin, bains successifs d’indigo, exposition au soleil pour fixer la couleur), et le toghu, un tissu de velours brodé à la main de motifs colorés (spirales, étoiles, losanges), tous deux originaires des Grassfields de l’Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun et associés aux tenues royales et cérémonielles bamiléké et bamoun.
Ce métier au Cameroun
Ce savoir-faire se transmet surtout par l’apprentissage familial ou communautaire, au sein d’ateliers de tissage et de teinture implantés dans les régions de l’Ouest et du Nord-Ouest. La demande reste forte pour les tenues traditionnelles portées lors des cérémonies (mariages, funérailles, fêtes traditionnelles) et, de plus en plus, pour des créations mode qui réinterprètent le ndop et le toghu. Les motifs et le tissu brut sont aussi vendus à des couturiers et à des maisons de couture qui les intègrent à des vêtements contemporains.
Employeurs au Cameroun
- Ateliers familiaux ou communautaires de tissage et de teinture (régions Ouest et Nord-Ouest)
- Coopératives et associations d’artisans textiles
- Maisons de couture et créateurs de mode qui commandent des tissus traditionnels
- Boutiques d’artisanat et d’art textile (vente directe ou à l’export)
Formation et parcours
Il n’existe pas de diplôme universitaire dédié : la voie principale est l’apprentissage pratique auprès d’un maître artisan, souvent au sein de la famille ou de la communauté. Pour ceux qui souhaitent associer ce savoir-faire à une formation plus académique en design textile, le département Arts décoratifs (stylisme, modélisme et arts textiles) de l’Institut des Beaux-Arts de Foumban (IBAF) de l’Université de Dschang — situé justement à Foumban, capitale historique du royaume bamoun — propose des enseignements d’histoire du costume et des textiles qui incluent ce patrimoine.
Salaire au Cameroun
Aucune grille de rémunération publique n’a été trouvée pour ce métier : la quasi-totalité des artisans travaillent en indépendant ou en coopérative, et leurs revenus dépendent directement du nombre de commandes, de la taille et de la complexité des pièces (un pagne ndop ou toghu entièrement fait main demande plusieurs jours à plusieurs semaines de travail), et du canal de vente (marché local, commande sur mesure ou exportation artisanale).
Compétences requises
- maîtrise du tissage et/ou de la teinture traditionnelle (indigo, techniques de réserve)
- précision dans la broderie et la réalisation des motifs symboliques
- connaissance du sens culturel des motifs et des usages cérémoniels
- patience, car les techniques traditionnelles demandent un travail long
- sens commercial pour vendre ou exporter les pièces
Poursuivre ses études
Certains artisans complètent leur savoir-faire par une formation en design textile ou en gestion d’entreprise artisanale pour développer leur atelier, exporter leurs créations ou collaborer avec des créateurs de mode contemporains.
Sources consultées
African Avenue (le tissu ndop, guide du textile royal du Cameroun) ; Karioska (le ndop bamiléké et le toghu, symboles du patrimoine vivant camerounais) ; Metropolitan Museum of Art (ndop, Grassfields) ; fiche IBAF (Université de Dschang).